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Mon Corps, Mon Coeur

Programme d'Éducation à la Vie Affective et Relationnelle (EVAR) pour les 3-6 ans.

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Contexte

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) publie en 2024 un avis majeur sur l’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVARS), qu’il considère comme une politique publique essentielle pour la protection et l’émancipation des enfants.
En France, la loi de 2001 impose au moins trois séances annuelles d’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR), de la maternelle au primaire, et au moins trois séances annuelles d’éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle (EVARS) , du collège au lycée (L.312-16 du Code de l’éducation).
Cependant, le CESE rappelle que cette obligation n’est aujourd’hui effectivement appliquée qu’à environ 15 % des élèves, ce qui crée une forte inégalité d’accès à l’information.

Le rapport insiste sur le fait que l’EVAR.S constitue un droit fondamental pour les enfants, car elle garantit l’accès à des connaissances, à la prévention et à la protection contre les violences.
Elle est présentée comme un levier d’émancipation, permettant de faire des enfants des sujets de droits et non des objets passifs, en leur donnant des repères sur le respect, le consentement et l’égalité.

Le CESE alerte sur l’ampleur des violences sexuelles : environ 160 000 enfants seraient victimes de violences sexuelles chaque année en France, dont une grande partie dans le cadre intrafamilial (1 enfant sur 10, soit 2 à 3 enfants par classe). Les données disponibles montrent également que les violences sexistes et sexuelles (VSS) sont fréquentes en milieu scolaire et périscolaire : une part importante d’élèves déclare y avoir été exposée ou connaître une victime, ce qui souligne l’urgence de prévention.

Ces violences entraînent des conséquences lourdes et durables sur la santé mentale, la scolarité et la vie sociale des enfants, ce qui justifie une action éducative précoce et systématique.

Le CESE inscrit explicitement ses recommandations dans la continuité des travaux de la CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), qui a recommandé de renforcer la prévention, la détection et la formation via les lieux de vie de l’enfant (école, périscolaire).

L’EVAR.S est ainsi pensée comme un outil essentiel de prévention primaire : elle permet de repérer les situations de violence, de libérer la parole des enfants et de réduire les risques d’emprise ou de silence.

Le CESE souligne également que l’éducation actuelle est insuffisante et inégalement déployée, malgré son caractère obligatoire, ce qui crée une perte d’opportunité majeure en matière de protection de l’enfance (plus de 8 enfants sur 10 n’y a pas eu correctement accès).

Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes souligne que les stéréotypes de genre se construisent très tôt et que l’EVAR est un levier essentiel pour promouvoir l’égalité filles-garçons en déconstruisant ces représentations et en luttant contre les inégalités et les violences qui en découlent. De fait, le rapport insiste sur le fait que renforcer l’EVAR.S à grande échelle permettrait de lutter contre les stéréotypes de genre, de promouvoir l’égalité filles-garçons et de réduire durablement les violences sexistes et sexuelles dans la société.

Historique

Le projet « Mon Corps, Mon Coeur » est un projet résultant d’un mémoire d’étude réalisé en 2022 qui posait la question : « Quelle est la place de l’EVAR à l’école maternelle ? ». A la suite de ce mémoire, par les difficultés que les enseignants rencontrent à mettre en place des séances d’EVAR et ainsi que par leur manque d’outils, est né un projet sur l’EVAR au CODES83.

4 ans plus tard, après avoir été retravaillé et enrichi, le projet « Mon Corps, Mon Coeur » a été rédigé, financé par la CAF et co-financé par l’ARS.

Le projet « Mon Corps, Mon Coeur« a pour objectif de promouvoir des comportements favorables à la santé dès la petite enfance au sein des centres de loisirs / centres sociaux / associations des quartiers, des quartiers prioritaires du Var. Ce projet permet la mise en place de séances d’EVAR pour les enfants de 3 à 6 ans. Ces séances porteront sur de nombreux sujets comme : le consentement, l’égalité fille-garçons, le droit à l’intimité, le droit de dire non, savoir à qui faire confiance, savoir affirmer ses gouts

De nombreux outils seront utilisés, adaptés à l’âge et à la maturité des enfants : albums jeunesses, imagiers, silhouette, mascotte, coloriage, cartes émotions…

Par ailleurs, nous savons à quel point les parents sont des piliers majeurs et importants dans l’éducation à la vie relationnelle et affective. C’est pourquoi des temps parents seront proposés dans chacune des structures ainsi que la possibilité d’être présents aux séances. De ce fait, les parents pourront poser toutes leurs questions et échanger sur leurs peurs.

Publics cibles

  • Enfants de 3 à 6 ans
  • Professionnels des centres de loisirs

Références bibliographiques

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